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Carnet de création 1 -- Confiture libre d'abricots sauvages

Photo du rédacteur: Nadja
Nadja
2 juil.
4 min de lecture

Confiture d'abricots sauvages sans sucre ajouté, infusée au Bai Mao Hou, aux deux miels, romarin, huile d’olive et pointe de sel rose



L’histoire de cette création


Cette préparation est née d’un cadeau.

Une amie m’a offert des abricots sauvages, fraîchement cueillis dans le jardin de sa compagne. De petits fruits très mûrs, parfumés, naturellement sucrés, mais conservant cette légère vivacité que l’on retrouve souvent dans les variétés sauvages.

En ouvrant mon placard, deux pots de miel presque terminés attendaient leur dernière cuillère : un miel de forêt et un miel de luzerne.

J’aurais pu choisir l’un ou l’autre.

Je me suis simplement dit :

« Essayons. »

Lorsque je peux éviter d’ajouter du sucre, je préfère laisser les ingrédients exprimer leur propre personnalité. Cette préparation est née ainsi : d’un fruit offert, de deux fonds de miel et d’une envie de découvrir ce qu’ils avaient à se raconter.



Les ingrédients


  • 500 g d’abricots sauvages

  • 200 ml d’infusion de thé blanc Bai Mao Hou (préparée avec 5 g de feuilles)

  • 1 cuillère à café de miel de forêt

  • 1 cuillère à café de miel de luzerne

  • quelques pointes de romarin frais

  • 1 pincée de sel rose

  • 1 cuillère à café d’huile d’olive vierge extra



La mission de chaque ingrédient


L’abricot apporte la structure et le fruit.

Le Bai Mao Hou offre une respiration végétale tout en accompagnant délicatement la cuisson.

Les deux miels construisent une douceur naturelle sans saturer le palais.

Le romarin apporte une colonne vertébrale aromatique et une fraîcheur discrète.

Le sel rose révèle la douceur des miels tout en tempérant la légère acidité des abricots.

L’huile d’olive polit l’ensemble et donne à la préparation sa texture soyeuse.



La préparation


  • Préparer tout d’abord une infusion de Bai Mao Hou avec 5 g de feuilles pour 200 ml d’eau. Retirer ensuite les feuilles.

  • Laver les abricots, les dénoyauter puis les couper en morceaux.

  • Déposer les fruits dans une casserole puis verser l’infusion de Bai Mao Hou.

  • Ajouter les deux miels.

  • Parsemer très légèrement quelques pointes de romarin frais.

Le romarin ne doit jamais dominer. Il ne s’agit pas de préparer un lapin au romarin, mais d’apporter une simple respiration végétale qui accompagne les deux miels.

  • Ajouter une pincée de sel rose.

  • Faire cuire doucement.



Je n’ai pas chronométré cette cuisson.

Je préfère observer les fruits plutôt que le temps.

La cuisson dure simplement le temps nécessaire pour que les abricots fondent, que l’infusion s’évapore progressivement et que la préparation prenne une consistance généreuse, entre la compotée et la confiture, en conservant encore quelques morceaux très tendres.

En toute fin de cuisson, incorporer une cuillère à café d’huile d’olive puis mélanger délicatement.

Cette dernière touche apporte immédiatement une légère brillance et une sensation plus ronde en bouche.

Mettre ensuite en pots et laisser refroidir complètement avant de réserver une nuit au réfrigérateur.

Le lendemain, la préparation a trouvé son équilibre.



Pourquoi ces choix ?


  • Les deux miels

Le miel de forêt apporte sa profondeur, ses nuances légèrement boisées et résineuses.

Le miel de luzerne lui répond par une douceur plus discrète.

À la dégustation, ils ne s’effacent pas : ils fusionnent avec le fruit pour créer une nouvelle harmonie.


  • Le romarin

Le romarin a été choisi naturellement.

Son parfum accompagne les deux miels sans jamais prendre leur place.

Utilisé avec parcimonie, il apporte une note de fraîcheur et prolonge délicatement la dégustation.


  • Le sel rose

Cette préparation contient très peu de miel et aucun sucre ajouté.

Je savais donc que les abricots conserveraient une légère acidité.

La pincée de sel rose agit comme un révélateur.

Elle met en valeur la sucrosité naturelle du fruit, puis celle des miels, sans jamais donner une impression salée.


  • L’huile d’olive

Elle ne cherche pas à être reconnue.

Elle apporte une texture plus ronde, plus satinée et une discrète brillance.

Son rôle me rappelle celui d’une goutte d’eau froide que j’ajoute parfois dans une tasse de thé préparée à haute température : elle ne change pas la personnalité du thé, elle modifie simplement sa façon de s’exprimer.



La première dégustation



Le premier indice est arrivé pendant la cuisson.

En goûtant simplement la spatule.

J’y ai retrouvé l’abricot, le miel de forêt, la fraîcheur du romarin, une légère acidité devenue harmonieuse grâce au sel, puis cette rondeur apportée par l’huile d’olive.

Le lendemain matin, après une nuit au réfrigérateur, la préparation avait atteint son équilibre.


  • Nature, elle est déjà délicieuse.

  • Sur une galette de riz rouge, elle révèle toute la personnalité de l’abricot.

  • Sur un pain de campagne ou un pain aux céréales, légèrement beurré avec un beurre demi-sel, elle devient particulièrement gourmande.


L’accord le plus surprenant reste cependant le Roquefort AOP.

La puissance du fromage, la douceur des miels, le romarin et l’abricot construisent un dialogue d’une étonnante élégance.


Pour accompagner cette dégustation, mon choix s’est porté sur un thé rouge de Java.

Sa structure soutient parfaitement la légère acidité des abricots, les notes résineuses des miels et la fraîcheur du romarin.



En une phrase


Des abricots sauvages infusés au Bai Mao Hou, simplement cuisinés avec ce que le placard avait de meilleur à offrir : deux miels, quelques pointes de romarin, une pincée de sel rose, une cuillère d’huile d’olive… et le temps.



Une confiture libre ne suit pas une tradition. Elle suit une intuition.



N.L.L.



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